Nad Admin

Inscrit le : 29 Mar 2006 Messages : 857 Localisation : Alaska
 | Sujet: Plafonds et hérisson Jeu 27 Avr - 17:26 | |
| Il est de ces invitations mondaines que je refuse facilement sans motivation importante, par manque d'envie, motivation simple, puis il arrive de se dire; pourquoi pas?, cette fois ci je suis partie, pour elle surtout. Tout se passe au XVIII ème siècle, là où je dormais, là où je mangeais, et en partie là où j'ai respiré l'air de la cellule de St François, richesse et pauvreté au bout de leurs extrémités, de leur recherche, de leurs motivations superflues, je regardais les plafonds. Lever les yeux au ciel caché et s'apercevoir que la beauté regarde en cette direction, regarder d'abord, ne plus oublier, regarder après, rever... Les plafonds sont toujours beaux en dernier, c'est à eux que nous remettrons nos dernières pensées, c'est peut-etre pour ça.
A peu de kilomètres de moi le Saint et d'autres Saints reposaient leurs songes d'éternité sans autre confort que la solitude, et c'est un luxe, cet endroit me fascine, haut en montagne, il rapproche du début et de la fin de la vie sans secousse inutile, on ne pense pas à y vivre, ni pourquoi, on le respire de vie, et de douceur, des moines passent de temps à autres, ils sont invisibles presque dans leur discrétion, ils écoutent aussi ceux qui ont envie de parler, ils confessent, ils ont des mots gratuits dans tous les sens du mot, mis à disposition de tout le monde, ça a des attraits on dirait, mon amie disparue à l'improviste entre les vielles pierres et les géraniums n'aurait pas resisté longtemps à cette invitation à la rédemption, ça m'a fait sourire.
-Mais que lui as-tu dit? -Tout -Tout quoi? -Ce que j'avais sur le coeur depuis quelques jours -Tes mensonges, tes exibitions, tes petits vices pas trop cachés, ton snobisme au dessus de ton gros coeur, ta passion pour les dépenses inutiles...tout?
Et elle éclata de rire...
Je savais parfaitement ce qu'elle était allée raconter à l'homme de vertu, je la trouvais vraiment gonflée en observant que je n'osais moi-meme demander au moindre de ses confrères où étaient les toilettes, ça me mettait mal à l'aise et je me disais bien que je pouvais attendre d'etre sortie de ces lieux pour aller aux toilettes, ce que je fis d'ailleurs.
St François dormait sur une pierre.
Dans les jardins de la Villa un énorme et très beau buffet fut préparé en fin de soirée, j'avais très faim mais il me fut impossible d'y accèder rapidement, ayant eu l'audace d'etre souriante je ne comptais plus les personnes qui s'approchaient de moi une coupe de Champage à la main pour papoter, j'avais faim mais répondais gentiment, les conversations étaient brèves et cordiales, à un certain moment un homme me confia qu'il avait été très déçu et surpris de se retrouver seul avec son épouse en France à commémorer l'anniversaire de la mort d'une souveraine italienne dont le nom m'échappe à Montpellier, lieu du décès royal.
Que dire?, que répondre?, je me perdais dans des discours improbables de mécanique révolutionnaire spontanée qui animait le coeur des français tout en me retenant de l'envoyer promener, avec grace cela s'entend, j'arrivais à me dégager en lui jouant un peu la comédie;
-Excusez-moi, nous reprendrons la conversation par la suite, je dois m'absenter quelques instants.
-Je vous en prie Madame!
Mon amie me prit alors par la main pour me raconter des ragots tous frais, une cigarette, pas de buffet, mais un diner allait etre servi, saurais-je me tenir?.
Mais oui!
J'étais contente car elle m'avait déplacée, j'aurais été à table à coté d'elle et de son homme que j'aime beaucoup aussi et non plus comme j'avais pu le lire auparavant entre je ne sais qui ou quoi dont je n'aimais pas l'aspect, stupidement.
Je regardais le plafond souvent, magnifique!
Une fois la soirée officielle écoulée, vers une heure du matin, la soirée sans chaussures se profilait déjà dans une autre pièce, Sab se vautrait dans un fauteuil, je suivais, d'autres seraient venus, après un coup d'oeil au plafond inconnu et sublime j'enlevais enfin ces chaussures à talons qui s'étaient malgré tout bien comportées, et place au superflu et super-flux de mots lachés en liberté, l'alcool était partout, je prenais un Cognac, un très bel homme visiblement homosexuel et un peu émeché s'approchait de moi me confiant des choses de ma vie, des choses sympathiques et belles, et oui, parce que Sab elle parle, elle parle, elle parle...
Au premier regard elle semble hautaine et prétentieuse, inabordable, elle a la classe des gens qui peuvent se permettre de porter n'importe quoi, n'importe comment, de se faire remarquer en faisant remarquer que c'est fait exprès, d'indisposer, de déranger, de ne pas s'arreter partout, mais de s'arreter toujours face à un sourire, ou une main tendue, toujours dans le meme silence déguisé en vacarme.
Rieti est une petite ville au nord de Rome, très calme, perdue et retrouvée entre les montagnes, les gens ne courent pas, ils marchent tranquillement, ils portent des visages reposés et souriants, on comprend en les regardant qu'ils n'ont jamais quitté ces lieux, et pourquoi donc?.
-La coiffeuse passera vers 10 heures, m'avait-on dit, je n'avais pas trop fait attention à ces mots et avais répondu d'un signe de la tete, mais à 10 h. le lendemain matin cette phrase me revint en mémoire.
-Bonjour, je vais vous coiffer.
-Plait-il?
-Je suis venue pour vous coiffer.
-Non merci, et puis vous voyez, j'ai les cheveux très courts, je ne me coiffe pas, juste un peu de gel.
Elle me regardait mais ne voulait lacher prise facilement, elle me parlait de mise en pli, j'essayais de la mettre dehors gentiment quand je la vis mettre sa main sur mon visage et passer en souriant à;
-Bon, alors je vous maquille, on va mettre un peu de couleur hein!
-Non merci, je me maquille très peu et toute seule, ça va aller.
Cette femme au faux sourire m'inspira une forte antipathie d'un jet, j'avais la nette sensation qu'elle était en train de me faire remarquer que j'avais grand besoin de ses services, sensation désagréable s'il en est.
-Merci.
Et je refermais la porte en hurlant très fort dans ma tete "Sabriiiina"!
Et oui, mon amie avait organisé ce tour de danse pour ses invitées sans penser à s'abstenir de m'offrir ces services là parce que je n'aime pas trop et elle le sait, et puis d'abord je n'en ai pas besoin, hein d'abord, oui d'abord!, nous en rigolerons bien.
Dans le couvent de St François il y a plusieurs petites chapelles dont une qui dévoile une fresque de Giotto du XIV ème siècle représentant la naissance du Christ, François y aurait célébré la première messe de Noel à Greccio qui est le lieu qui nous interesse et qui est jumelé avec Bethléem, cet endroit demande une pose silencieuse et recueillie, l'émotion est intense comme une invitation à la paix.
J'avais l'impression que le ciel roulait sa vérité de tous les fluides possibles, je me sentais bien en ces jardins verts et roses, les petites rues aux odeurs alpines, l'haleine essouflée de tranquilité de mes amis, les portes ouvertes comme des envies, tout était beau et simple, très loin de la politique d'en bas. J'ai lu le cantique des créatures de St François et je l'ai conservé, peu importe où, j'ai admiré les plus beaux plafonds du monde, dehors aussi.
Et les grands yeux de mon amie qui versent leurs sourires sur les humeurs réveils-matin.
-Mais reste encore une journée!
-Je ne peux pas, je ne peux pas...
Un bisou gentil sur la bouche et pas de larmes, jamais, nous n'aimons pas ça et c'est pour ça que nous nous aimons. Un petit hérisson sur le bord de la route risquait fort de se faire écraser, je me suis arretée puis d'un coup de pied léger et décidé je l'ai renvoyé dans ses broussailles. _________________ http://nadlrx.skyrock.com/
FeMmE à BaRbE. |
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dharma Pinceur de mots

  Age : 37 Inscrit le : 13 Avr 2006 Messages : 89 Localisation : paris
 | Sujet: Re: Plafonds et hérisson Jeu 27 Avr - 21:13 | |
| Sympa l'hotel, je voudrais bien l'adresse pour ma prochaine escapade coquine............. _________________ Love me, hate me , but make me feel alive......... |
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Lamaliote Admin

  Age : 34 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 228 Localisation : Onirevopolis
 | Sujet: Re: Plafonds et hérisson Ven 28 Avr - 21:29 | |
| ça me rappelle une semaine à la Trinité des monts, un Saint-François en anamorphose mais très peu d'amour et de mondanité au milieu des robes de bure je vais regarder les plafonds ce sera une escapade réconfortante
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julie Pinceur de mots

Inscrit le : 29 Mar 2006 Messages : 429 Localisation : chablais
 | Sujet: Re: Plafonds et hérisson Mer 3 Mai - 16:55 | |
| moi j'ai connu une dame qui m'a maquillée et soigné le visage puis elle voulu me vendre mille produit, j'y ai dit nan je veux pas placer tant de sous dans vos daubes, ben elle m'a dit "et pendant ce temps, votre peau vieilli" j'avais 20 ans... :cri: _________________ Car j'ai du tempérament Ce foutu caractère Qui font dire à mon père Que je suis son cheveu blanc Que je suis son cheveu blanc o ruiz |
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Lamaliote Admin

  Age : 34 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 228 Localisation : Onirevopolis
 | Sujet: Re: Plafonds et hérisson Mar 23 Mai - 15:52 | |
| | Nad a écrit: | Les lieux du Saint. Cliquez sur l'image pour voir la video-chef d'oeuvre. :alien:
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Quelle qualité, quel talent ! :xboum: |
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